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 Odyssée Végétale

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Dieu
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Le maître de tout...

Nombre de messages : 363
Date d'inscription : 19/02/2009


MessageSujet: Odyssée Végétale   Mer 2 Juin - 22:23


Odyssée Végétale



Dans une petite contrée isolée au doux nom de Terre Joyeuse, cela fait maintenant trois ans que les saisons sont bloquées entre l’hiver et le printemps. Quelque chose d’étrange est à l’œuvre et les animaux et les végétaux sont bloqués à un stade de leur vie qui les empêche de se reproduire et de se développer. Mais malheureusement, ils continuent tout de même à vieillir, alors sans pouvoir assurer leur continuité dans ce monde, ils sont contraint de laisser le temps faire des dégâts sur eux, sans pouvoir réagir. Si la situation ne change pas rapidement, il n’y aura bientôt plus âme qui vive dans ce lieu, où il fait plutôt bon vivre quand tout va bien.

Mais alors, pourquoi ce phénomène, le temps semble arrêté, mais pourtant il continue d’avancer, doucement, mais sûrement.

La raison, s’il y avait de la raison dans toute cette histoire, est que la Dame Verte de cette région a disparu. Cette Dame Verte, qui se prénomme Pomme-Kiwi est un petit être féerique qui a pour rôle la protection de la nature et la rythme des saisons, elle s’était toujours occupée de sa tâche admirablement, c’est d’ailleurs pourquoi la région était devenue foisonnante de joie et de vie. Mais un jour, cette petite créature trop curieuse, a décidé de s’aventurer en un lieu où elle n’aurait jamais dû mettre les pieds. Depuis, les habitants ne l’ont plus jamais revue, elle n’est pas morte car pour cela il faudrait que le pays où elle officie soit totalement détruit, mais elle ne fait pas son travail, laissant ce pays dans une situation peu commode.

Tous savent où elle s’est aventuré, mais très peu n’osent seulement imaginer aller la chercher car la malheureuse a eu la folie de pénétrer dans le Grand Labyrinthe. Et si elle n’en est toujours pas ressortie, les habitants de cette contrée où ce terrible méandre végétal pousse pensent que puisqu’elle ne peut pas mourir, elle s’est fait emprisonner dans le terrible monstre. Cela peut paraître ridicule de se perde à ce point dans un simple assemblage de haies et d’en avoir peur ainsi, mais il semble que depuis toujours ce labyrinthe existe et que tous ceux qui sont un jour entré de dans, n’en sont jamais ressorti. De plus, ceux qui habitaient aux abords de ce lieu entendaient la nuit de terribles sons… il y avait des craquements, des grincements, comme si les arbres se déracinaient pour aller se planter ailleurs, mais le pire c’était quand quelqu’un était entré dedans, on entendait ses cris de terreurs de lieues à la ronde. Depuis, plus personne n’habite près de ce lieu maudit et plus personne n’ose s’y aventurer, sauf quelques fous, trop curieux ou suicidaires.

Mais voilà maintenant trois longues années maussades que les habitants n’ont vu aucun arbre en fleur, ni aucune plante pousser, le seul vert qu’ils ont pu voir dans ce paysage morbide était le vert sombre des conifères au loin et surtout l’immense masse d’un vert lugubre du terrible labyrinthe d’if. Ils ont donc décidé, d’engager des personnes qui auraient le courage de s’aventurer dans le labyrinthe pour aller chercher leur Dame Verte et leur amener le printemps. Ils ont mit leurs dernières économies dans l’affaire pour afficher des annonces partout et attirer les aventuriers et surtout pour préparer une potentielle récompense car si le printemps revient, ils pourront à nouveau s’enrichir grâce à leur région fertile, si personne ne revient, ils continueront à acheter toutes leurs provisions aux pays alentours et à fuir cette contrée désolée.

Les cœurs courageux sont attendus dans la dernière auberge encore ouverte de la région, dans le petit village de Réllais pour redonner vie à cette région.

_________________



Dieu,
tout simplement.

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Date d'inscription : 20/09/2009


MessageSujet: Re: Odyssée Végétale   Ven 30 Juil - 17:21

Le labyrinthe avait des siècles d'existence. Il le sentait dans ses racines, dans tous ses édifices de pierres, dans son âme. Tout en lui clamait son âge ; pourtant, le labyrinthe n'était pas vieux. Chaque année lui apportait une résolution nouvelle, ou un nouveau souffle qui parcourait ses allées, mais jamais les désavantages de la vieillesse. On pourrait le comparer à un bon vin, dont l'âge faisait l'exception. Certes, les quelques bâtisses construites à l'intérieur de ses terres se craquelaient année après année ; mais ils n'en devenaient que plus admirables. Les vieux arbres mourraient, mais les jeunes pousses étaient prêtes à les remplacer. Les sombres créatures qui l'habitaient, des êtres sans âme et pratiquement sans vie, se renouvelaient toutes les générations. Et ainsi passait la vie dans ce somptueux labyrinthe doté de vie.

De l'extérieur, le labyrinthe ne ressemblait qu'à une banale assemblée de haies bien taillées, comme si quelqu'un était chargé de son entretien. À travers les haies, on pouvait deviner des chemins pavés et des sentiers de terre. Ils paraissaient ensoleillés, mais sans que la lumière y règne en maître. Pour un peu, on croirait presque entendre des oiseaux. À première vue, le labyrinthe était idyllique, un paradis sur Terre. Il s'en réjouissait. Sans cette trompeuse apparence, il n'aurait jamais attiré tant de jeunes gens en son cœur. Des jeunes gens naïfs, qui croyaient faire une simple ballade, et se retrouvaient alors sur un chemin de leur mort. Car une fois passé les cent premiers mètres, le labyrinthe refermait son piège sur les malheureux qui osaient le braver. L'ombre prenait le pas sur la lumière ; on n'y voyait seulement à la lueur d'un feu surnaturel et dont la couleur verte lui donnait l'air d'être nocif. Les haies se tordaient, perdaient leur jolie couleur verte claire pour tourner vers le foncé ; elles formaient parfois des formes que la faible luminosité poussait à voir comme des créatures monstrueuses. Le ciel, au départ si visible, était désormais caché par de grands arbres au feuillage étendu, dont l'aspect était semblable à celui des haies. Leurs grosses racines s'enfonçaient avec difficulté dans les chemins pavés et les sentiers, déformant et bosselant la route. De temps à autres, on croisait ces quelques bâtisses de pierres lourdes. Ils étaient imposants, tant par leur taille que par leur architecture. Ils semblaient inciter les téméraires à pousser leurs grandes portes pour découvrir leur terrible secret. De temps en temps, des bruits étranges, des petites lueurs éclatantes ou une présence se faisaient remarquer : c'étaient les pas des monstres, leurs yeux, leurs corps. Ils étaient toujours là à guetter une proie, mais n'attaquaient que lorsqu'ils étaient sûrs de l'emporter.

Oui, le labyrinthe était fier de lui. Fier de son aspect inoffensif de l'extérieur, qui appâtait les jeunes naïfs. Fier aussi de son cœur sombre où il les piégeaient, du danger qu'il avait réussi à créer sur ses terres, de la maîtrise de ce petit bout de territoire rien qu'à lui. Voilà longtemps qu'il régnait sur ce monde, et pourtant, il se sentait à l'aube de sa vie. Puissant, étrange, immense, invincible. En son cœur, il avait vu toute l'âme humaine, ou du moins se vantait-il de l'avoir vue. Des exploits avaient été accomplis sous ses branches ; certains découvraient leur véritable amour et pleuraient de l'avoir perdu ; la faiblesse, la honte, la misère aussi avaient été représentés. Il pouvait en être fier. Mais sa plus belle prise, il l'avait faite il y a trois ans. C'était la plus belle créature que le labyrinthe ait jamais vu. Elle trainait encore dans son cœur, dans la futile attente d'être sauvée.

Car la petite créature qu'il avait capturée n'était autre que la Dame Verte de la région, Pomme-Kiwi. C'était elle, aussi longtemps que le labyrinthe avait existé, qui avait fait prospérer la région. Le labyrinthe la considérait un peu comme une rivale ; après tout, n'était-ce pas elle qui permettait à la région de vivre, et offrait aux habitants un autre coin de paradis que le motif de ses haies ? Tant que la Dame Verte officiait, la nature avait de quoi rivaliser avec le superbe labyrinthe, si bien que peu de gens osait s'aventurer sur ses propres terres. Mais désormais, la nature se mourrait à petit feu, coincée entre l'éternel hiver et l'éternel printemps. Le labyrinthe en avait conscience, et cela le mettait de très bonne humeur, à tel point que quelques fleurs sauvages et agressives poussaient désormais sur ses chemins – c'était toutefois sa vision de la beauté : des fleurs dotés d'une véritable vie, comme les animaux. Pomme-Kiwi ne pouvait plus rien faire pour empêcher le labyrinthe d'attirer toujours plus de monde entre ses haies. Il devenait plus fort à chaque fois qu'un homme ou une femme mourraient en son cœur.

Et pourtant, le labyrinthe sentait qu'il ne pourrait toujours en être ainsi. Tôt ou tard, les hommes viendraient le voir pour retrouver leur Dame Verte. Ceux-là ne seraient pas d'innocentes victimes faciles à faire céder. Ils seraient forts et déterminés, auraient les armes pour s'aventurer sur ses terres. Le labyrinthe le voyait. Il ne s'en effrayait pas. La peur était inconnue à un ensemble aussi complexe. Il savait toutefois que ces aventuriers auraient de quoi le blesser, occasionner de lourds dégâts à son être. À sa chair les haies. À ses os les arbres. À ses muscles les chemins et sentiers. À son sang les créatures. À son âme la pierre. L'heure était venue de se préparer.

L'heure était venue d'apprendre définitivement aux humains qui était vraiment le labyrinthe.
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Odyssée Végétale

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